Une baisse du taux directeur et une guerre commerciale; Qu’est-ce que ça veut dire pour les taux hypothécaires?

Mercredi dernier, la Banque du Canada (BdC) a encore réduit son taux directeur de 0,25 %. Cette décision a immédiatement fait baisser les taux des hypothèques à taux variable. Le communiqué de presse, la conférence de presse et le Rapport sur la politique monétaire (RPM) de la BdC ont mis en lumière des tendances encourageantes en matière d’inflation, des signes positifs sur le marché immobilier canadien, et ont minimisé l’impact de l’écart croissant entre les taux directeurs canadiens et américains.

Globalement, l’analyse de la BdC sur la situation économique actuelle offre de bonnes nouvelles pour ceux qui suivent les taux hypothécaires canadiens. Mais un nuage noir plane toujours : les menaces de tarifs douaniers américains. Et ce week-end, ce nuage est devenu une réalité.

L'impact des tarifs douaniers sur le Canada : une guerre commerciale à nos portes

Samedi dernier, le président américain, Donald Trump, a annoncé des tarifs de 25 % sur toutes les importations canadiennes, à l’exception de l’énergie (taxée à 10 %). Le Mexique et la Chine ont aussi été frappés par ces mesures. En réponse, le Premier ministre Trudeau a rapidement pris position, plongeant le Canada dans une guerre commerciale sans précédent avec nos voisins du Sud.

Dans ce billet, je vais d’abord vous résumer les points clés de la réunion de la BdC, puis analyser l’impact potentiel de cette guerre commerciale sur les taux hypothécaires canadiens et comment la situation pourrait évoluer.

Les 5 points clés de la réunion de la BdC :

  1. Réduction du taux directeur et fin du resserrement quantitatif : La BdC a abaissé son taux de 0,25 %, à 3,00 %, et a mis fin au resserrement quantitatif (QT). Cela signifie qu’une petite pression haussière sur les rendements des obligations est désormais supprimée.
  2. L’inflation sous contrôle, mais vigilance sur les prix du logement : La BdC a observé qu’il n’y avait « pas de signes de pressions inflationnistes généralisées » et que les attentes d’inflation étaient « normalisées ». Les prix des logements « restent élevés », mais ils « diminuent lentement ». Cette stabilité des prix donne plus de flexibilité à la BdC pour répondre au choc commercial.
  3. Relance de la consommation immobilière : La BdC a souligné que les dépenses augmentent pour l’immobilier et les biens/services sensibles aux taux d’intérêt, et a prévu que ses baisses de taux soutiendront « une croissance solide des revenus » et une « augmentation de la richesse des ménages grâce à la hausse des prix des maisons ».
  4. L’impact modéré de l’écart des taux avec les États-Unis : Bien que l’écart entre les taux directeurs canadiens et américains se soit élargi, l’impact sur le taux de change Canada/États-Unis reste modéré, avec une baisse du dollar canadien contre le billet vert, mais une stabilité face à d’autres devises.
  5. Les tarifs, une incertitude majeure : La BdC a averti que les tarifs étaient une « incertitude majeure », car ils peuvent « réduire le PIB, faire augmenter les prix et, globalement, exercer une pression à la hausse sur l’inflation ».

Dans l’ensemble, la BdC a laissé entendre que son taux directeur a encore de la place pour diminuer, afin de soutenir l’économie en cas de ralentissement. Cependant, les rendements des obligations canadiennes ont chuté de manière significative en fin de semaine dernière, ce qui pourrait théoriquement faire baisser les taux hypothécaires fixes. Mais il faut garder à l’esprit que les prêteurs ne réagissent pas toujours de manière proportionnelle.

Quand les mauvaises nouvelles économiques influencent les taux hypothécaires

Historique à l’appui, lors de la chute des prix du pétrole en 2014, les rendements des obligations canadiennes ont chuté de 1 %, mais les taux hypothécaires fixes ont baissé beaucoup moins. Pourquoi ? Parce que les prêteurs ont dû tenir compte des coûts de financement accrus liés à l’augmentation des primes de risque. En période d’incertitude, les prêteurs sont souvent plus prudents et moins enclins à baisser leurs taux de manière significative.

Que prévoir avec cette guerre commerciale ?

La guerre des tarifs semble fragiliser davantage le Canada. Cela étant dit, la BdC devrait adopter une posture plus accommodante à court terme. Son taux directeur est actuellement à 3 %, mais si la guerre commerciale perdure, il pourrait descendre jusqu’à 1,5 % pour stimuler l’économie.


Cependant, les tarifs réciproques risquent de pousser l’inflation à la hausse. Si des entreprises canadiennes non directement touchées par ces contre-tarifs décident d’augmenter leurs prix, la BdC pourrait bien être contrainte d’augmenter ses taux pour contrer cette pression inflationniste. Les emprunteurs à taux variable doivent rester attentifs à cette dynamique.

Conclusion : Que faire face à l’incertitude ?

Les rendements des obligations ont chuté, mais les prêteurs pourraient être lents à répercuter cette baisse sur les taux hypothécaires fixes, en raison de l’incertitude économique et de la hausse des primes de risque. Toutefois, la BdC devrait continuer à réduire son taux directeur pour atténuer l’impact des tarifs. Mais si des pressions inflationnistes apparaissent, un retournement de situation n’est pas exclu.


En ces temps incertains, il est plus important que jamais d’être bien informé et préparé pour vos projets hypothécaires. Que vous soyez en pleine négociation, refinancement ou renouvellement, n’hésitez pas à me contacter pour une vérification de votre hypothèque et obtenir les meilleures offres disponibles.

Note : Pour une stratégie personnalisée, il est essentiel de collaborer avec votre courtier hypothécaire et votre conseiller financier, car chaque situation est unique et doit être traitée au cas par cas.
Note 2 : Si vous n’avez pas de planificateur financier, de conseiller financier ou encore un conseiller en sécurité financière, appelez-nous; on connaît les meilleurs!

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