Et si les taux ne baissaient pas?
Quand je me prononce sur la direction que pourraient prendre les taux hypothécaires, il y a une question que je me pose toujours : et si tout le monde avait tort? Parce que l’analyste en moi a beau faire ses devoirssur la prévisionnabilité des taux hypothécaires, le petit contrarien sur mon épaule me rappelle constamment ce vieux dicton :
« Quand tous les experts s’entendent, c’est qu’il va se passer autre chose. »
Alors aujourd’hui, je joue volontairement l’avocat du diable et je te partage quelques éléments qui pourraient faire mentir le scénario actuellement préféré des emprunteurs.
Le scénario consensus : les taux vont baisser
En ce moment, la majorité des gens à qui je parle s’attendent à ce que les taux hypothécaires baissent bientôt. Pourquoi?
Parce qu’aux États-Unis, les tarifs douaniers annoncés font craindre un ralentissement économique. Et qui dit ralentissement, dit généralement :
- baisse de la demande
- refroidissement de l’inflation
- baisse des obligations du gouvernement du Canada (GoC)
- donc, baisse des taux fixes hypothécaires.
Mais voilà… ce n’est pas exactement ce qu’on a vu la semaine dernière.
Un marché obligataire… pas très convaincu
Mardi dernier, on a eu droit à des chiffres d’inflation aux États-Unis plus bas qu’attendu. Bonne nouvelle, non?
Les rendements des obligations américaines ont effectivement chuté… pendant quelques heures.
Mais vendredi midi? Tout était revenu au point de départ – et les obligations canadiennes ont suivi le même chemin.
Pourquoi? Parce que les investisseurs croient que les tarifs finiront par faire grimper les prix, pas les faire baisser. Et cette peur de l’inflation a tout simplement neutralisé la bonne nouvelle.
Même les conflits mondiaux n’influencent plus?
Vendredi toujours, le monde apprend qu’Israël a lancé des frappes contre l’Iran.
Normalement, ce genre d’événement déclenche une ruée vers les actifs sûrs comme les obligations.
Mais cette fois… rien. Aucune panique. Aucune chute significative des rendements. Comme si un plancher était en train de se former sous les taux obligataires.
Dépenses gouvernementales et inflation : un duo redouté
Les gouvernements au Canada comme aux États-Unis annoncent des plans de dépenses massives.
Et devine quoi? Ce type de stimulus budgétaire alimente aussi l’inflation – parfois plus durablement que les tarifs.
Les marchés croient encore que la Banque du Canada et la Fed vont abaisser leur taux directeur plus tard cette année. Mais si l’inflation reste élevée, ces baisses tant attendues pourraient ne jamais se produire en 2025.
Petit rappel à moi-même : toujours écrire les prévisions au crayon, jamais au stylo.
Conclusion rapide :
- Les rendements des obligations GoC 5 ans ont légèrement augmenté la semaine dernière.
- Les investisseurs semblent croire que les taux vont monter ou, au mieux, rester stables.
- Les dépenses publiques massives pourraient empêcher la Banque du Canada de réduire ses taux comme prévu.
Note : Pour une stratégie personnalisée, il est essentiel de collaborer avec votre courtier hypothécaire et votre conseiller financier, car chaque situation est unique et doit être traitée au cas par cas.
Note 2 : Si vous n’avez pas de planificateur financier, de conseiller financier ou encore un conseiller en sécurité financière, appelez-nous; on connaît les meilleurs!
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