Contexte économique 2026 : ce qui se passe vraiment avec l’économie, l’inflation et l’endettement des ménages

En ce début de 2026, l’économie canadienne et américaine envoie des signaux contradictoires : en surface tout va encore bien, mais plusieurs fissures commencent à apparaître. Autant au Canada qu’aux États-Unis, l’économie a surpris positivement dans la deuxième moitié de 2025, malgré les tarifs et les tensions commerciales. Mais quand on regarde les chiffres de plus près, le portrait est beaucoup moins solide qu’il en a l’air. Oui, le PIB a été bon, mais en grande partie parce qu’on a importé moins, pas parce qu’on a produit beaucoup plus. Ce sont surtout les gouvernements qui ont augmenté leurs dépenses. Les entreprises, elles, sont restées prudentes. Et les consommateurs ont continué à avancer en pigeant dans leurs économies et en augmentant leur endettement. Le marché de l’emploi tient le coup, mais la majorité des nouveaux emplois sont à temps partiel et moins bien rémunérés. Les salaires ont augmenté plus vite que l’inflation, mais malgré ça, la confiance des consommateurs et des entreprises reste fragile. La récession que plusieurs prévoyaient après l’annonce des tarifs de Trump ne s’est pas encore matérialisée, mais disons que les nuages sont toujours bien visibles à l’horizon.

    Pourquoi un ralentissement économique n’entraîne pas automatiquement une baisse des taux hypothécaires

    Beaucoup de clients à qui je parle en ce moment ont la même lecture : « l’économie ralentit, donc les taux vont baisser ». Et historiquement, c’est souvent vrai. Quand l’économie ralentit, la Banque du Canada et la Réserve fédérale américaine baissent normalement leurs taux directeurs pour stimuler l’activité. Elles l’ont déjà fait, et il reste encore un peu de marge de manœuvre. Si la Banque du Canada coupe encore, les taux variables vont baisser assez rapidement. Ça, c’est la partie simple. Le problème, c’est que la majorité des Canadiens sont en taux fixe… et les taux fixes ne suivent pas directement le taux directeur. Les taux fixes sont basés sur les rendements des obligations canadiennes, qui eux-mêmes suivent de très près les obligations américaines. Et c’est là que ça devient intéressant (et un peu contre-intuitif).

    Le lien entre les obligations, les taux fixes hypothécaires et les décisions de la Réserve fédérale américaine

    Normalement, quand la Fed coupe ses taux, les rendements obligataires baissent aussi. Mais cette fois-ci, on vit quelque chose d’assez inédit. Malgré les baisses de taux de la Fed, le rendement de l’obligation américaine 10 ans est monté. L’économiste David Rosenberg soulignait récemment que c’est une première historique : habituellement, quand la Fed coupe de 1,75 %, le 10 ans baisse en moyenne d’environ 0,40 %. Cette fois-ci, il a plutôt monté d’environ 0,50 %. Pourquoi? Parce que les marchés obligataires croient que les baisses de taux sont une erreur et qu’elles risquent d’alimenter encore plus l’inflation, surtout avec les déficits massifs du gouvernement américain. Et comme les taux obligataires ont plus d’impact sur les coûts d’emprunt que le taux directeur lui-même, on se retrouve dans une situation bizarre où les baisses de taux peuvent, paradoxalement, faire plus de mal que de bien, même ici au Canada.

    État actuel des taux hypothécaires au Canada : taux fixes, obligations et perspectives 2026

    Les rendements obligataires canadiens sont restés relativement stables en fin d’année. À court terme, il n’y a pas de pression claire pour que les taux fixes montent ou baissent fortement. Mais il faut vraiment arrêter de prendre pour acquis que « économie faible = taux fixes en baisse ». Le contexte mondial fait en sorte que cette relation est beaucoup moins fiable qu’avant. Personnellement, je pense que les taux fixes conservent un biais haussier en début 2026, même si les variations pourraient être graduelles et parfois subtiles.

    Taux variable hypothécaire et décisions de la Banque du Canada : à quoi s’attendre dans les prochains mois

    Du côté des taux variables, les rabais n’ont pas vraiment changé. La Banque du Canada semble en mode attente : elle veut voir une accumulation de données avant de bouger. Cela dit, son ton est devenu un peu plus accommodant dans ses communications récentes, ce qui me fait croire que le prochain mouvement, quand il viendra, sera probablement une baisse. Mais on est clairement dans une période où les décisions se prennent plus lentement et avec plus de prudence qu’avant.

    Conclusion : choisir son hypothèque en fonction de sa situation, pas seulement des prévisions de taux

    On entre dans une période où les vieux réflexes du type « l’économie ralentit donc les taux baissent » ne sont plus aussi fiables qu’avant. Plus que jamais, le choix entre un taux fixe et un taux variable doit être fait en fonction de ta situation personnelle, de ta tolérance au risque, de ta stabilité financière et de tes projets de vie, et non seulement en fonction des manchettes économiques.

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