Une économie qui avance… mais sur des œufs
Les dernières données sur l’emploi au Canada donnent un peu d’air : 14 000 emplois créés en mars. Après les pertes importantes du début d’année, on pourrait être tenté d’y voir un signe encourageant. Mais soyons honnêtes, ce n’est pas encore un vrai retour en force.
Ce qu’on ressent surtout en ce moment, c’est une certaine retenue. Les consommateurs sont plus prudents, moins confiants, et ça se reflète dans leurs décisions. Acheter une propriété, refinancer, investir… tout ça demande aujourd’hui un peu plus de réflexion qu’il y a quelques années.
Deux éléments expliquent beaucoup de cette hésitation : la hausse du prix de l’énergie et l’incertitude économique à l’échelle mondiale. Et ces deux facteurs-là ont un impact direct sur les taux hypothécaires.
Inflation : le vrai signal à surveiller
Du côté des États-Unis, l’inflation a récemment remonté. À première vue, ça peut inquiéter. Mais quand on regarde un peu plus en détail, on réalise que cette hausse est surtout liée à l’essence. Autrement dit, ce n’est pas une inflation généralisée qui s’installe dans toute l’économie… du moins, pas pour l’instant.
Et ça, c’est un point important. Parce que les banques centrales ne réagissent pas de la même façon à une hausse temporaire liée à l’énergie qu’à une inflation qui s’enracine partout. Tant que la hausse reste concentrée, elles peuvent se permettre d’attendre. Mais si les prix commencent à monter plus largement, ou si les attentes des consommateurs changent, là elles n’auront pas vraiment le choix d’intervenir.
Pour le moment, on n’est pas encore rendu là.
Pourquoi ce cycle est différent de celui de la COVID
C’est facile de faire des parallèles avec ce qu’on a vécu récemment. Mais la réalité actuelle est très différente.
Pendant la COVID, les taux étaient extrêmement bas, les gouvernements injectaient énormément d’argent dans l’économie et la demande explosait. C’était un cocktail parfait pour créer une inflation rapide et généralisée.
Aujourd’hui, c’est presque l’inverse. Les taux sont déjà élevés, les consommateurs sont plus prudents et le marché du travail montre des signes d’essoufflement. Il y a moins de pression pour que les salaires augmentent rapidement, ce qui limite aussi la propagation de l’inflation. Même si le prix du pétrole reste élevé, l’impact sur l’économie va se faire sentir plus lentement.
Ce que ça veut dire concrètement pour les taux hypothécaires
Du côté des taux fixes, on a vu une hausse dans les dernières semaines, mais une certaine stabilisation commence à s’installer. Cela dit, le mot-clé en ce moment, c’est volatilité. Rien n’est complètement ancré, et les mouvements peuvent être rapides.
Dans ce contexte, quelqu’un qui prévoit acheter dans les prochains mois a tout intérêt à sécuriser un taux dès maintenant. Pas parce qu’on sait exactement où les taux vont aller, mais parce que l’incertitude elle-même est un risque.
Les taux variables, de leur côté, commencent à redevenir intéressants. L’écart avec les taux fixes s’est élargi, ce qui redonne un certain avantage au variable sur le long terme. Mais il ne faut pas se raconter d’histoire : choisir un taux variable aujourd’hui, c’est accepter une part d’imprévisibilité. Le parcours pourrait être plus mouvementé, même si le résultat final est potentiellement plus avantageux.
Fixe ou variable : la vraie réflexion
Sur le terrain, beaucoup de clients choisissent la stabilité. Et ça se comprend parfaitement. Dans un environnement incertain, savoir exactement à quoi s’attendre peut valoir très cher en tranquillité d’esprit.
Mais il ne faut pas perdre de vue que le choix d’un taux ne devrait jamais être basé uniquement sur le niveau des taux eux-mêmes.
La vraie question, c’est plutôt de savoir quelle option est alignée avec ta situation financière, ta tolérance au risque et tes objectifs à long terme.
Parce qu’un bon taux, dans l’absolu, ça n’existe pas. Il y a seulement des stratégies qui sont plus ou moins adaptées à ta réalité.
Un point de vue un peu à contre-courant
En ce moment, les marchés anticipent encore des hausses de taux. C’est le scénario qui est le plus intégré dans les prix. Mais de mon côté, je vois les choses un peu différemment.
Je pense que les impacts économiques du ralentissement et des ajustements commerciaux pourraient finir par peser plus lourd que le choc énergétique actuel. Et si c’est le cas, la prochaine direction des taux pourrait être à la baisse.
Évidemment, il y a une grande inconnue dans l’équation : le contexte géopolitique. Et ça, personne ne peut le prévoir avec certitude.
Le conseil que je donne à tous mes clients
Quand vient le temps de réfléchir à un financement, il y a une erreur que je vois encore trop souvent. Les gens demandent combien ils peuvent emprunter, alors que la vraie question devrait être combien ils sont confortables de payer. Parce que la banque, elle, va toujours te prêter le maximum qu’elle peut justifier. Mais elle ne gère pas ton budget au quotidien, ni tes projets futurs. Une hypothèque bien structurée, ce n’est pas juste une question de taux. C’est un outil qui doit s’intégrer dans une vision financière globale.
En résumé
On est dans un contexte où rien n’est complètement figé. L’économie ralentit sans s’effondrer, l’inflation reste sous contrôle pour l’instant, et les taux évoluent dans un environnement incertain. Dans ce genre de marché, la différence ne se fait pas sur le taux affiché, mais sur la stratégie derrière. Et c’est exactement là que ça devient intéressant.
Pour en discuter, contactez-moi!
Note : Pour une stratégie personnalisée, il est essentiel de collaborer avec votre courtier hypothécaire et votre conseiller financier, car chaque situation est unique et doit être traitée au cas par cas.
Note 2 : Si vous n’avez pas de planificateur financier, de conseiller financier ou encore un conseiller en sécurité financière, appelez-nous; on connaît les meilleurs!
Nous joindre
514-771-4413
pierre-alain@planipret.com
