Après plusieurs années marquées par des taux d’emprunt élevés, des acheteurs hésitants et une baisse de l’activité dans certains des plus importants marchés immobiliers au pays, le marché canadien semble enfin commencer à tourner la page.
Mais il ne faut pas s’attendre à un retour en force.
Les changements sont plutôt graduels : les ventes augmentent tranquillement, les stocks commencent à se stabiliser et les prix montrent certains signes de stabilisation.
Selon l’Association canadienne de l’immeuble (ACI), les ventes résidentielles au Canada ont augmenté pour un quatrième mois consécutif en juillet. L’Indice des prix des propriétés MLS a également progressé de 0,1 % par rapport à juin, soit sa première hausse mensuelle depuis novembre 2024.
Cela ne signifie pas que le Canada entre dans un nouveau boom immobilier. Au contraire, le scénario qui se dessine ressemble davantage à une reprise lente et progressive.
Des acheteurs qui ont attendu pourraient revenir sur le marché
L’une des grandes questions pour la fin de 2026 est de savoir ce qui arrivera aux Canadiens qui ont reporté leurs projets immobiliers au cours des dernières années.
La hausse des taux hypothécaires et les enjeux d’abordabilité ont poussé plusieurs acheteurs à attendre. Certains sont demeurés locataires plus longtemps que prévu. D’autres propriétaires ont repoussé l’achat d’une propriété plus grande ou encore leur projet de downsizing.
Mais leurs besoins en logement n’ont pas nécessairement disparu.
Selon RBC Economics, plus de 400 000 ménages pourraient avoir été « supprimés » depuis 2019, c’est-à-dire que la formation de ces ménages aurait été retardée par les conditions économiques et immobilières.
Si l’abordabilité s’améliore graduellement dans certains marchés et que les conditions économiques se stabilisent, une partie de ces acheteurs pourrait recommencer à envisager un achat.
La prochaine phase de la reprise pourrait donc être alimentée moins par une chute spectaculaire des taux d’intérêt que par un retour graduel de la confiance des acheteurs.
Prévisions immobilières 2026 : une année encore à la baisse
L’une des erreurs les plus faciles à faire actuellement est de parler du « marché immobilier canadien » comme s’il s’agissait d’un seul et même marché.
Ce n’est pas le cas.
L’Ontario et la Colombie-Britannique ont connu des corrections plus longues et plus importantes. RBC prévoit une amélioration de l’activité dans ces deux provinces en 2027, mais la reprise devrait demeurer graduelle.
D’autres régions du pays présentent une situation différente. Le Québec, la Saskatchewan, le Manitoba et certaines provinces de l’Atlantique ont connu des conditions différentes en matière d’offre, de demande et de prix. L’Alberta, de son côté, devrait continuer de profiter de conditions économiques et démographiques relativement favorables.
Le marché des copropriétés présente également ses propres défis.
À Toronto et à Vancouver, les inventaires élevés et une demande plus faible de la part des investisseurs pourraient continuer à exercer une pression sur les prix des condos, même si d’autres segments du marché commencent à se redresser. Selon RBC, cette faiblesse pourrait se prolonger jusqu’en 2027.
Une manchette annonçant une reprise du marché immobilier canadien ne vous dit donc pas nécessairement ce qui se passe dans votre quartier, pour votre type de propriété.
Taux hypothécaires : il ne faut peut-être pas attendre une forte baisse
Pour ceux qui attendent une baisse importante des taux hypothécaires avant de passer à l’action, un autre élément mérite d’être considéré.
Selon RBC, les taux d’intérêt sont probablement à leur creux ou près de celui-ci pour ce cycle. Autrement dit, la prochaine étape de la reprise immobilière pourrait se faire sans nouvelle baisse importante des taux.
D’autres facteurs prendront donc davantage d’importance : la croissance des revenus, l’emploi, le prix des propriétés et la capacité d’épargne des ménages qui ont choisi d’attendre.
Pour un acheteur, cela change quelque peu le calcul.
Attendre peut évidemment être une décision parfaitement logique selon sa situation financière et son marché local. Mais attendre uniquement dans l’espoir d’une baisse importante des taux pourrait ne pas donner le résultat espéré.
Une reprise lente peut aussi offrir des occasions aux acheteurs
Une reprise graduelle n’est pas nécessairement une mauvaise nouvelle pour les acheteurs.
Un marché dans lequel l’activité recommence à augmenter avant que les prix accélèrent peut créer une situation intéressante. Dans certains marchés, les acheteurs pourraient retrouver davantage de confiance dans la stabilité des valeurs tout en profitant encore d’un inventaire relativement sain et d’une certaine marge de négociation.
Pour les vendeurs, le retour graduel des acheteurs est évidemment positif. Mais cela ne signifie pas qu’une propriété se vendra automatiquement rapidement ou qu’elle attirera plusieurs offres.
Le prix demeure important.
Pour les propriétaires qui envisagent de déménager, la prochaine année pourrait donc être moins une question de trouver exactement le « creux du marché » que de comprendre ce qui se passe réellement dans leur secteur et pour leur type de propriété.
Le marché immobilier canadien recommence à bouger.
Mais si les prévisions actuelles se concrétisent, cette reprise se fera probablement par étapes plutôt que par bonds.
Après plusieurs années marquées par des changements importants, un marché immobilier plus stable et plus équilibré pourrait bien être la prochaine étape.
Note : Pour une stratégie personnalisée, il est essentiel de collaborer avec votre courtier hypothécaire et votre conseiller financier, car chaque situation est unique et doit être traitée au cas par cas.
Note 2 : Si vous n’avez pas de planificateur financier, de conseiller financier ou encore un conseiller en sécurité financière, appelez-nous; on connaît les meilleurs!
Nous joindre
514-771-4413
pierre-alain@planipret.com
